Mais elles sont où les Parisiennes ? Alors que le sport féminin triomphe en province, avec les titres de Montpellier en football et Bourges en basket, la capitale est à la traîne. Eclairages sur une contre-performance.
Inutile de chercher le classement de l’équipe parisienne de handball féminin, elle n’existe pas. Olivier Krumbholz, entraîneur de l’équipe de France féminine, avance une explication: « Il y a trop peu de salles intra-muros, regrette-t-il. La salle omnisports Coubertin ne suffit pas. » L’argument est un peu léger. Et la situation n’est pas meilleure dans les autres sports de ballons.
En basket , on dénombre 14 625 licenciées en Ile-de-France, et les clubs ne peuvent même plus accueillir toutes ces joueuses. Pourtant, le constat est aussi désolant qu’en handball : aucune équipe de haut niveau à Paris. « Les bonnes joueuses partent » déplore Sandra Valejo, de
Du côté du ballon ovale, le Rugby Club Paris XV, et le PUC (Paris université club), respectivement en 3ème et 2ème divisions, font également pâle figure. Le responsable des équipes féminines d’Ile-de-France, Patrick Magny, reconnaît le niveau « un peu juste » des clubs parisiens. La faute aux médias, selon lui : « Tant qu’ (ils) ne s’intéresseront pas à nous, ça nous bloquera. Les Françaises sont championnes d’Europe, on n’en a jamais entendu parler ».
« Un problème de fric et d’image »
Le recul des clubs parisiens face aux provinciaux est « un problème de fric et d’image », pour le sociologue Georges Vigarello. « Il peut y avoir de grandes équipes dans les villes de province, car les investissements se focalisent sur une équipe ou deux », déclare-t-il. D’autant que « les repères traditionnels (…) masculins » l’emportent, et freinent tout élan de la part des investisseurs.
Mais il n’y a pas que des ombres au tableau du sport féminin de haut niveau à Paris. L’image du PSG semble par exemple profiter à l’équipe féminine du club de foot. Classée sixième en division 1, elle espère bien rattraper, sinon devancer, son pendant masculin. Les filles ont subi l’an dernier une reprise en main musclée de Cyril Combettes. Plutôt que d’invoquer le manque de moyens et de médiatisation, l’entraîneur préfère centrer le débat sur la « com-pé-ti-ti-vi-té ». La transition n’a pas été facile pour les joueuses, qui ont dû passer d’un « rassemblement socio-affectif pour passer de bonnes soirées » à une « vraie équipe sportive ».
Autres raisons de se réjouir : le club de volley féminin du Stade français évolue en Pro A, et les adolescentes du Paris Basket 18 règnent chez les minimes. Des performances de bon augure pour le sport féminin à Paris.

