Lundi 16 janvier 2006
Une heure trente d’envoûtement. Difficile de ne pas rester captivé par ces magnifiques expériences de journalisme, ces propos justes sur les inéluctables tensions qui tiraillent le reporter, cette voix sûre et chaleureuse, et ces yeux bleus qu’on ne peut quitter du regard.

Le mirage judiciaire d’Outreau, le massacre au Rwanda, la dislocation de l’Union soviétique, la guerre en Irak… Elle y était et racontait. Et aujourd’hui, elle nous raconte. Sa passion du métier, la joie et l’excitation de témoigner de ces événements majeurs qu’elle a le privilège de vivre. Nous, apprentis journalistes, avons le privilège de l’écouter.

Nous écoutons également attentivement les apories du travail du reporter, pointées avec justesse. Quelle latitude un reporter détient-il pour faire valoir son choix d’angle ou de sujet, à des milliers de kilomètres d’une rédaction, informée en continu par les dépêches d’agence ? A cette question, comme à toutes celles qui concernent le journaliste face à sa direction, deux maîtres mots : confiance et rigueur. Envolés les fantasmes du reporter aventurier solitaire, qui vagabonde au gré de ses rencontres. Deadlines et nombre de feuillets ne font pas fi des distances.

La journaliste comprend le reportage comme autre chose qu’un « papier peint local » destiné à tapisser les colonnes blanches du journal. Reportage et enquête ne sont pas antithétiques, mais complémentaires. Emportés par ses paroles, nous sommes à deux doigts de remettre en question l’utilité de l’enquête… Pis, nous en avons oublié que Florence Aubenas était face à nous.

par Elsa Haharfi publié dans : Médias
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