Des mystérieuses méduses aux terrifiants requins, le Seaquarium du Grau-du-Roi est un vrai sanctuaire
A entendre les enfants, il semblerait que le poisson clown ait été rebaptisé. Maintenant que Walt Disney a exploré les fonds marins, il s’appelle désormais Némo. Devant les bassins du Seaquarium, le parc d’attractions le plus couru du Grau du Roi, les regards des enfants sont tour à tour émerveillés, ébahis, et effrayés. "C’est un vrai celui-là ? Comment on les a fait prisonniers ?" s’inquiète un petit garçon. Plus de trois cents espèces de poissons, mollusques, et mammifères marins évoluent dans les bassins du palais de la mer. La visite est ponctuée de tableaux pédagogiques et de jeux interactifs. Parmi eux, des trous où glisser sa main à l’aveuglette pour deviner quelle gueule de poisson y est moulée au fond. "Mettre la main dans un trou, comme à Fort-Boyard, j’aime pas trop ça moi... !" rechigne une maman. Autre séquence frayeur devant le bassin des eaux tropicales. Pour reconstituer la vague de la lagune, un renouvellement de l’eau s’opère régulièrement en faisant un gros "plouf" qui ne manque jamais de faire sursauter les visiteurs. Mais dans l’ensemble, c’est la fascination qui se lit sur les visages des petits et grands. Les enfants eux, trouvent même "jolies" les rascasses les plus vénéneuses.
Un grand projet de "requinarium"
Le moment le plus fascinant de la visite du Seaquarium reste la traversée du tunnel à requins. 420 000 litres d’eau autour et au dessus de nos têtes où nagent des requins de plus de 2 mètres et 200 kilos. "Si tu vois ça dans l’eau, alors tu vas pas nager hein maman ?" s’assure une fillette. La vue plongeante sur les ailerons, au-dessus du bassin, est encore plus impressionnante. Outre ses vertus divertissantes et pédagogiques pour les visiteurs, le Seaquarium est également un centre de soin et de sauvegarde pour tous les êtres vivants de la mer. Il abrite le Centre d’études et de sauvegarde des tortues marines en Méditerranée (Cestmed), qui recueille et soigne les tortues accidentées de la région (notre édition d’hier). Le centre est également équipé pour soigner tous ses hôtes dans son enceinte. Enfin, certains des coraux présents dans les bassins sont obtenus par bouturage, afin de préserver les coraux des milieux naturels. Une technique maîtrisée depuis environ un an par le centre, qui consiste à couper une certaine partie du corail puis à le faire pousser. Le Seaquarium prévoit pour 2008 encore plus d’émotions fortes avec la création d’un "requinarium" sur deux niveaux qui accueillerait plus de vingt espèces différentes.
Seaquarium, Le Grau du roi, direction Port Camargue. Entrée adultes : 9,80 euros, enfants : 6,80 euros, pour les moins de 5 ans, c’est gratuit. Renseignements au 04 66 51 57 57
Les bassins des mastodontes
Deux bassins de phoques et de requins, respectivement d’un million et de 420 000 litres d’eau, ça s’entretient. Les bassins -- l’eau et les parois -- sont à nettoyer tous les jours, et les hôtes, à nourrir. Simba, seule otarie mâle du bassin -- au milieu de deux femelles et de cinq phoques -- pèse 300 kilos. Il engloutit plusieurs centaines de petits poissons par jour, en tant que récompense aux jeux et sauts dans lesquels il excelle. On pourrait croire à un gavage en guise de spectacle pour les visiteurs. En fait, ce principe de l’effort récompensé est une technique qui vise la "désensibilisation" explique Rodolphe Nourais, un des quatre soigneurs animaliers du bassin des mammifères, "pour apprendre l’animal à s’habituer à l’homme". De plus, les "jouets", formes et balles avec lesquelles s’amusent les mammifères, contribuent à divertir ces animaux de nature très joueuse, et participent à leurs dépenses énergétiques. Des animaux joueurs, mais également très "lunatiques", prévient le soigneur. "En période de reproduction, où les mâles sont plus agressifs, raconte-t-il, en faisant ouvrir la bouche à une femelle, un phoque m’a arraché la rotule". Peut-être une réaction à l’espace restreint dans lequel ces animaux vivent dans ces sites ? Quand on l’interroge en effet sur leur épanouissement, Jean-Michel Darthois, responsable communication du Seaquarium, évoque les naissances régulières, environ une par an au centre : "S’ils se reproduisent, c’est qu’ils se sentent bien !" Quinze kilos de poisson congelé ou de poulpes par repas sont nécessaires aux neuf requins du tunnel, pour qu’eux se sentent bien également ! "On leur jette assez loin la nourriture, pour qu’ils puissent se la partager" précise Jean-Michel Darthois. Personne ne se mouille pour les nourrir, mais il faut de temps en temps plonger dans le bassin pour le nettoyer ou soigner les requins. Il est précisé aux visiteurs, que ces requins, certains mesurant 3 mètres, ne sont pas agressifs envers l’homme, mais ont quand même des "dents sympathiques" s’amuse le responsable.