L’emmener ou pas sur la plage, ramasser ses crottes ou les lui faire faire dans un espace spécial. Les maîtres parlent, alors que la municipalité des Saintes rappelle les mesures de bon sens
Ils s’appellent Duc, Choupette, Floyd, ou encore Louna. Ils souffrent de la canicule, et apprécient donc les bonnes lampées d’eau fraîches, et les baignades dans la Méditerranée. Mais voilà, ils ne sont pas les bienvenus sur la plage, ils se font même refouler à l’entrée. C’est sûr, il ne fait pas bon être de la race canine, l’été, dans les stations balnéaires. Trempettes et gambades sur la plage sont formellement interdites. A moins d’avoir un maître peu regardant sur la loi. C’est le cas de Obach, golden retriever épanoui : "Il sort de l’eau, explique Florence, sa maîtresse. Bien sûr qu’il se baigne. Sur la plage, un chien dérange moins que trois abominables gamins..." La propriétaire enfreint donc la loi qui interdit les baignades pour les chiens, mais respecte en revanche celle qui consiste à ramasser les déjections de son compagnon sur pattes. Elle montre fièrement le sachet plastique, arme de disparition discrète, rangé avec la gamelle pour l’eau fraîche, qui l’accompagnent partout. Miss, elle, ne se baigne pas, non seulement parce que c’est interdit, mais aussi parce qu’il fait vraiment trop chaud, dixit son maître Daniel. Le yorkshire a des maîtres très prévoyants. Il ne sortent jamais sans leurs "toutounets", ces mini sacs poubelles estampillés d’empreintes de coussinets. Dans leur Normandie natale, les toutounets sont fournies dans des distributeurs.
"Canisite" pour besoins canins
Le jeune setter irlandais au poil marron brillant, Floyd, ne tient plus sur le sable. A l’ombre, attaché au pied du parasol, il crève d’envie de piquer une tête. Dès que Sylvie s’approche pour dénouer sa laisse de fortune, les oreilles et la queue de Floyd se dressent, son regard vif semble dire merci. Et le voilà parti à l’eau. Sylvie ne sait pas pas qu’elle est actuellement en situation illégale. Elle sait en revanche que caca et voies publiques ne font pas bon ménage. "Floyd fait sur la colline", se félicite-t-elle. Mais aux Saintes-Maries-desmers, pas besoin d’aller par monts-et-par-vaux pour s’éviter une séance de ramassage peu ragoûtante. Le canisite du coin de la rue est là pour ça. C’est un espace de quelques mètres carrés, qui ressemble à un bac à sable pour enfants. Mais ici, les seuls hôtes sont les chiens, et leurs excréments. Il y en a quinze dans toute la ville, qui sont nettoyés une fois par mois, et très fréquentés. Il semblerait qu’entre les "toutounets" et les canisites, les maîtres ne relâchent pas la pression sur les déjections, même en vacances.

