Page blanche

Vérification et recoupement de l’information. Honnêteté intellectuelle. Ecriture simple et percutante. Rendu « sexy » et concret du plus barbare et ennuyeux des sujets. Pédagogie et vulgarisation. Curiosité tout terrain. Volonté intarissable d’en savoir toujours plus.


Mon professionnalisme est-il défaillant ? Le sujet de mon papier ne s’approprie pas à l’exercice
journalistique ? Ou me suis-je royalement trompée de voie ? JE NE PEUX PAS…
La cauchemardesque page blanche est là, sous mes yeux.

Qui interviewer ? Comment vérifier ? Mes parents, trop subjectifs. Mon médecin, trop clinique. Mon miroir, oh beau miroir ! Non, pas ressemblant du tout.
Ah ! l’honnêteté intellectuelle… lorsque la demi-feuille d’auto-présentation de rentrée lycéenne me faisait le même effet qu’un sudoku, à oublier.
Etre simple et percutante ? Le pronom personnel « je » me rend cramoisie et d’un baroque dantesque.
Peut-être que le rendu sexy…
Un psychologue ?! Ca sert à quoi ? J’oublie aussi la curiosité tout terrain.

Au secours. Je suis définitivement incapable de rédiger un article sur moi.
Recherche biographe désespérément.


Mardi 15 août 2006

Jean-Pierre Collignon était l’invité surprise de la rencontre annuelle des champions des "Dicos d’or", organisée ce week-end à Arles

Responsable linguistique au Monde, enseignant à l’école de formation des correcteurs, membre du jury des "Dicos d’or"... Jean-Pierre Collignon était l’invité d’honneur de la rencontre annuelle des champions des Dicos qui s’est déroulée ce week-end à Arles. Interview.

Les adolescents adoptent de plus en plus le langage SMS dans la vie de tous les jours. Est-ce une déperdition de la langue française ?

Oui car les jeunes ne font pas la différence entre l’orthographe adoptée dans les Sms -- je comprends cette écriture phonétique, c’est plus court, et donc moins cher -- et dans la vie. Mais l’écriture phonétique n’est pas nouvelle, déjà au 17e siècle, certains s’y amusaient, c’est assez rigolo.

Comment la langue française va-t-elle évoluer selon vous ?

On pourrait évoquer l’anglo-américanisme, et c’est un problème. Parce que d’un côté, il y a l’élite qui va bien comprendre ces termes anglo-américains, et d’un autre côté, des jeunes qui vont être en déphasage, qui ne vont pas tout à fait maîtriser le sens de ces expressions. C’est un grave problème d’apprentissage. Mais je ne fais pas partie des gens qui se butent et refusent toute intrusion de mots étrangers dans le français. C’est tout à fait normal que les langues vivantes évoluent. D’ailleurs, beaucoup de mots français sont repris en allemand ou en espagnol, par exemple.

Quelles fautes de français vous inspirent le plus d’indulgence et lesquelles sont d’après vous impardonnables ?

 

Tout le monde n’est pas au parfum des règles de trait d’union, mais ce n’est pas dramatique de ne pas savoir qu’il en faut dans "c’est-à-dire" par exemple. Tout le monde ne peut pas non plus connaître l’orthographe des mots compliqués comme "philodendron". Les fautes sur les mots courants sont en revanche impardonnables. Se tromper sur des homonymes ou paronymes, et déformer le sens. Mais certaines anecdotes sont savoureuses, je pense notamment à un député gaulliste qui un jour, à l’Assemblée Nationale, en voulant signifier qu’il trouvait un texte de loi pas assez sévère s’est exclamé : "Il faut durcir le sexe !".

par Elsa Haharfi publié dans : Culture
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